Jeanine Rivais : Parlez-nous un peu de vous ?
François Bazin-Bidaud : En fait, le « Bazin-Bidaud » vient de ce que, dans la famille, nous nous appelons tous « Bidaud » et qu’il a fallu nous différencier. L’additif vient de ma grand-mère. Ma femme avait choisi « Renault » qui était son nom de jeune fille. Seule, notre fille a gardé « Bidaud ». Ma femme et moi, nous nous sommes rencontrés aux Beaux-Arts, à 19 ans. Et, comme nous avons eu très vite un enfant, nous nous sommes retrouvés dans l’obligation d’exercer un métier, avec des revenus réguliers. Nous sommes devenus professeurs. Par la suite, notre boulimie de « faire » a été telle que nous nous sommes lancés dans l’artisanat, à la tête d’une entreprise où nous employions quinze personnes. Nous avons été vite dépassés, il fallait aller à Tokyo, au Koweit, etc. Ce n’était pas du tout notre univers. Nous avons donc arrêté, et j’ai recommencé la sculpture il y a une dizaine d’années ; et Nicole avait recommencé bien avant, la peinture. Mes enfants m’ont offert un poste à souder, et j’ai découvert la magie de ce qu’il m’apportait ; et la liberté. Ce qui m’a plu, c’est que c’est un véritable combat. On est « armé ». On est bardé de cuir, de gants, de lunettes… et on s’attaque à ces taules qui sont neuves, car il n’y a pas du tout de récupération. Je découpe des choses que j’ai dessinées très précisément, avant le découpage. Des dessins que j’ai devant moi pendant que je les réalise. Rester en deux dimensions nécessite une grande concentration, et des arrêts fréquents pour essayer d’imaginer comment développer ces deux dimensions en trois. Faire jouer l’ensemble de ces petits bouts de tôle et leur donner une sensation de volume.
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